Plus qu'une semaine avant la réunion du G20 à Pittsburgh! C'est l'occasion pour les
économistes de revenir, dans de multiples articles, sur les origines de la crise mondiale qui s'est déclenchée il y a un an.
Aucun doute aujourd'hui: au delà de la faillite de la banque Lehman Brothers et de l'affaire des "subprimes", on sait que la crise est beaucoup plus profonde. C'est bien
celle du capitalisme financier, avec ses mécanismes pervers (les produits bancaires "toxiques", la spéculation permanente) et ses ressorts profonds (la compétition à tout
prix, l'argent qui finance de plus en plus l'argent et pas l'économie réelle). L'absence de tout contrôle sérieux, l'impunité des actes délictueux, souvent protégés par les paradis
fiscaux et le secret bancaire, ont accentué la dérive.
Un autre danger menace: celui de voir les banques poursuivre dans la voie fatale qui a déclenché le cataclysme économique et social. Pendant que
les politiques entonnent des discours lénifiants sur le thème de la reprise "qui est désormais en vue", le système bancaire se démène pour faire en sorte que l'activité reprenne
"comme avant" (lire à ce sujet l'excellent papier de
Sylvain Cypel dans le Monde du 16 septembre).
Il ne faut donc pas se laisser endormir. On a vu que le précédent G20 de Londres, malgré les satisfecits que ses sont décernés les chefs d'Etat et de gouvernement, a eu
peu de conséquences concrètes et qu'il s'est surtout limité à des effets d'annonce.
Voila pourquoi la pression des opinions publiques est indispensable et ne doit pas fléchir. La pétition contre les bonus des traders que j'ai lancée il y a un mois a contribué modestement à
la prise de conscience de cette nécessité. Elle a rassemblé plus de 3500 signatures, venant d'horizons très divers, de simples citoyens comme d'élus et de responsables
politiques*.
Certes, la question des bonus n'est qu'un aspect des dérèglements du système financier international, mais il est emblématique des pratiques immorales et
dangereuses dont il se nourrit.
La dernière en date dépasse, si cela est encore possible, les bornes....que l'on croyait déjà franchies avec l'affaire des subprimes. Il s'agit, ni plus ni moins, de
spéculer sur la maladie et sur la mort!! Lisez cet article édifiant de
Marianne 2 sur les "subprimes de la mort" et vous comprendrez le mécanisme des nouveaux "produits toxiques" que les banques et les assurances américaines (et
peut-être bientôt françaises) préparent.
Je trouve cette nouvelle dérive écoeurante et j'aimerais entendre plus de voix s'élever contre une telle ignominie. Avant de "moraliser le
capitalisme" (ce qui ne veut rien dire!), il vaudrait mieux règlementer vigoureusement et empêcher ce genre de scandales. Pour cela, les demi mesures seront sans effet.
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* Parmi les signataires, j'ai relevé: le Président de la Commission des finances de l'Assemblée Nationale, Didier
Migaud, le député européen et directeur de l'Humanité, Patrick Le Hyaric, des parlementaires (Serge Blisko, Olivier Dussopt, Michel Françaix, Jean Mallot, Jean Michel, Alain Vidalies...),
des responsables politiques (Marie-Noëlle Lienemann, Olivier Dartigolles, Renaud Lagrave), de nombreux et élus locaux (Martin Malvy, Emile Zucarelli, Denis Baupin, Gérard Berthiot, Serge
Méry, Philippe Dorthe, Marc Vuillemot....), des personnalités (Ivan Levaï, Pascal Boniface, Fodé Sylla, Guy Georges...), des organisations politiques (Béziers PCF, PS de Bollène, Pôle écolo PS,
Socialiste de gauche, PCF Corbeil Essonne, République et socialisme.....) etc......