Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Le G20 dans une semaine....

Publié le 17 Septembre 2009 par Paul Quilès in Pétition contre les bonus

     Plus qu'une semaine avant la réunion du G20 à Pittsburgh! C'est l'occasion pour les économistes de revenir, dans de multiples articles, sur les origines de la crise mondiale qui s'est déclenchée il y a un an.
     Aucun doute aujourd'hui: au delà de la faillite de la banque Lehman Brothers et de l'affaire des "subprimes", on sait que la crise est beaucoup plus profonde. C'est bien celle du capitalisme financier, avec ses mécanismes pervers (les produits bancaires "toxiques", la spéculation permanente) et ses ressorts profonds (la compétition à tout prix, l'argent qui finance de plus en plus l'argent et pas l'économie réelle). L'absence de tout contrôle sérieux, l'impunité des actes délictueux, souvent protégés par les paradis fiscaux et le secret bancaire, ont accentué la dérive.  
      Un autre danger menace: celui de voir les banques poursuivre dans la voie fatale qui a déclenché le cataclysme économique et social. Pendant que les politiques entonnent des discours lénifiants sur le thème de la reprise "qui est désormais en vue", le système bancaire se démène pour faire en sorte que l'activité reprenne "comme avant" (lire à ce sujet l'excellent papier de Sylvain Cypel dans le Monde du 16 septembre).
     Il ne faut donc pas se laisser endormir. On a vu que le précédent G20 de Londres, malgré les satisfecits que ses sont décernés les chefs d'Etat et de gouvernement, a eu peu de conséquences concrètes et qu'il s'est surtout limité à des effets d'annonce.
     Voila pourquoi la pression des opinions publiques est indispensable et ne doit pas fléchir. La pétition contre les bonus des traders que j'ai lancée il y a un mois a contribué modestement à la prise de conscience de cette nécessité. Elle a rassemblé plus de 3500 signatures, venant d'horizons très divers, de simples citoyens comme d'élus et de responsables politiques*.
     Certes, la question des bonus n'est qu'un aspect des dérèglements du système financier international, mais il est emblématique des pratiques immorales et dangereuses dont il se nourrit. 
     La dernière en date dépasse, si cela est encore possible, les bornes....que l'on croyait déjà franchies avec l'affaire des subprimes. Il s'agit, ni plus ni moins, de spéculer sur la maladie et sur la mort!! Lisez cet article édifiant de Marianne 2  sur les "subprimes de la mort" et vous comprendrez le mécanisme des nouveaux "produits toxiques" que les banques et les assurances américaines (et peut-être bientôt françaises) préparent. 
     Je trouve cette nouvelle dérive écoeurante et j'aimerais entendre plus de voix s'élever contre une telle ignominie. Avant de "moraliser le capitalisme" (ce qui ne veut rien dire!), il vaudrait mieux règlementer vigoureusement et empêcher ce genre de scandales. Pour cela, les demi mesures seront sans effet.
___________________________________________________________
* Parmi les signataires, j'ai relevé: le Président de la Commission des finances de l'Assemblée Nationale, Didier Migaud, le député européen et directeur de l'Humanité, Patrick Le Hyaric, des parlementaires (Serge Blisko, Olivier Dussopt, Michel Françaix, Jean Mallot, Jean Michel, Alain Vidalies...), des responsables politiques (Marie-Noëlle Lienemann, Olivier Dartigolles, Renaud Lagrave), de nombreux et élus locaux (Martin Malvy, Emile Zucarelli, Denis Baupin, Gérard Berthiot, Serge Méry, Philippe Dorthe, Marc Vuillemot....), des personnalités (Ivan Levaï, Pascal Boniface, Fodé Sylla, Guy Georges...), des organisations politiques (Béziers PCF, PS de Bollène, Pôle écolo PS, Socialiste de gauche, PCF Corbeil Essonne, République et socialisme.....) etc......

Publicité
Publicité
Commenter cet article
F
Je suis parfaitement d'accord avec cette analyse et cette action. Il faut donner au capitalisme des règles qui ne soient pas que des règles de pure forme. Il en a besoin et la crise les réclame a sa place : plafonnement des revenus et du patrimoine, respect de certains bien publics, non commercialisation de certains biens, harmonisation de certaines pratiques bancaires, etc.<br /> Seules de telles règles, véritables pivots d'une nouvelle manière de penser la répartition des richesses peuvent sauver le capitalisme lui-même - en tant que meilleure façon de réglementer les échanges entre les hommes.
Répondre
B
Le New York Times a en effet décrit dans un numéro de la semaine dernière le nouveau mécanisme mis en place pour revenir au bon vieux temps des subprimes: la titrisation des assurances vie, qui porte sur plusieurs dizaines de milliard de $. On oublie tout et on recommence! vive le libéralisme financier qui a si bien réussi aux banques et aux assurances. Préparons-nous à de nouvelles dettes publiques pour éponger les futures ardoises de ces irresponsables.Yves
Répondre
B
Du Capitalisme financier certes,<br /> Mais du capitalisme tout court: explosion des inégalités de patrimoine et de revenus; pillage et mise à mort annoncée de la planète, atteinte des pouvoirs politiques de droites et du Patronat qui tire les fils de leur action, faillite des idéologies social-démocrates qui ont, tant bien que mal, bouché les trous depuis la fin de la guerre,difficultés récurrentes au sein même des partis de gauche en France, dues à la "domination culturelle" par la pensée néo-libérale, comme s'en vante tant Sarkozy(en citant Gramsci!), et comme l'illustrent les hoquets au sein du PS, et les sordides éructations de certains des nôtres...<br /> Il en faut de la capacité telle que la tienne, à ne pas jeter l'éponge, après des années de combats depuis avant 1981!<br /> Nous devons redoubler d'efforts pour reconquérir, derrière Jaurès et Marx, les capacités d'analyser et de convaincre.<br /> Oui, face à ceux qui veulent surfer sur la tendance de nos élites, à transformer les citoyens en simples "supporters",je revendique que nous n'avons plus le droit de ne pas nous sentir une "avant-garde", bien seule en l'état actuel des choses, mais qui n'a pas le droit de laisser tomber le débat idéologique et le combat social...
Répondre
Publicité