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Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Bonus : une pétition contre l’inacceptable !

Publié le 25 Août 2009 par Paul Quilès in Pétition contre les bonus

Tribune de Paul Quilès, publiée dans le quotidien l'Humanité
 le 25 août 2009

 

            Il y a quelques mois, les responsables des grands pays de la planète, réunis au G 20, nous annonçaient solennellement que « la moralisation de la finance internationale » était en marche, que les excès et les pratiques qui avaient conduit au désastre allaient disparaître. N. Sarkozy, jamais à cours de formule, n’hésitait pas à parler de « refondation du capitalisme » !

            Force est de constater que la réalité est bien différente de ce qu’ils voulaient nous faire croire. Des banques, aidées par les Etats, parfois sauvées de la faillite par les pouvoirs publics, grâce à l’argent du contribuable, continuent à agir comme s’il ne s’était rien passé : mêmes pratiques, mêmes surenchères, mêmes justifications vaseuses sur le thème du « mérite » ou de la « prise de risque ». Songez qu’un trader américain réclame à sa banque 100 millions de dollars, alors que celle-ci a eu recours à des fonds publics à hauteur de 45 milliards de dollars ! En France aussi, on trouve des situations aussi indécentes: la BNP, par exemple, vient de provisionner 1 milliard d’euros pour les bonus, après avoir reçu de l’Etat 5,1 milliards de fonds propres.

            Certes, la question des bonus des banques n'est qu'un aspect des dérèglements du système financier international, mais il est indispensable de le dénoncer, parce qu’il est emblématique des pratiques immorales et dangereuses dont il se nourrit. C’est pour cette raison qu’une « pétition internationale contre les bonus »* a été lancée. Il s’agit de dénoncer et de proposer, afin de prendre au mot les responsables politiques des grands pays, qui ne cessent de se plaindre de leur impuissance. Pour Madame Lagarde, il est « impossible d’agir au niveau d’un seul Etat », de crainte de créer une « distorsion de concurrence avec les autres places financières ». Quant à Barack Obama, il confesse: « on n’a pas l’impression que ce qui s’est passé ait provoqué un changement de culture ou d’attitude ». On croit rêver !

            Cette apparente impuissance devant les acteurs arrogants de la finance internationale n’est peut-être qu’une façon de masquer leur intention de ne pas bouleverser les règles du système. Se contenter, comme ils le font, de donner des conseils de bonne conduite aux banques et aux traders est aussi ridicule que de recommander à un alcoolique de réduire sa consommation, dans l’intérêt de sa santé et dans celui de son entourage ! Auraient-ils oublié que le rôle de l'Etat est de fixer des règles, de mettre en place des mesures de rétorsion, lorsque celles-ci ne sont pas respectées ?

            Si l’on n’en finit pas avec ces comportements -dont les excès et l’immoralité sont de plus en plus souvent dénoncés[1]-, les déséquilibres de l’économie mondiale vont s’accentuer et ceux qui souffrent des effets de la crise risquent d’être poussés à bout. Comment accepter en effet que l’argent des contribuables soit ainsi bradé ? Comment supporter que les banques aidées par l’Etat[2] préfèrent engranger des bénéfices et distribuer des bonus, plutôt que de remplir leurs obligations de prêt à l’économie et aux particuliers ?  

            Avant le prochain G20, qui se tiendra fin septembre à Pittsburgh, les citoyens de toute la planète doivent se mobiliser, pour exiger des décisions mondiales effectives. Par exemple :

  • l’instauration d’une taxe sur l’ensemble des réseaux de la finance internationale. Les sommes prélevées contribueraient au financement des grandes causes mondiales : protection de l’environnement, lutte contre le réchauffement climatique, politique de l’eau, lutte contre la faim….
  • la limitation de la rémunération variable des traders, en pourcentage de leur rémunération fixe ;
  • la fixation d’un impôt dissuasif sur les hauts revenus[3] ;
  • le contrôle strict de l’activité des banques par l’Etat, chaque fois qu’il est présent dans leur financement.           

           Cette pétition vise à redonner du sens à l’internationalisme. Les citoyens du monde doivent dénoncer, proposer et montrer qu’ils ne résignent pas à voir leurs dirigeants abdiquer devant ce système fou et devant les ravages économiques et sociaux qu’il engendre.

___________________________________________________________________________
* Pour signer la pétition :

 -  http://www.facebook.com/group.php?gid=143635741468

- http://www.mesopinions.com/Petition-internationale-contre-les-bonus-petition-petitions-7ddf068d8745418dd0a9576cfe4d1db5.html 



[1]  Voir le très critique « Rapport Cuomo », qui vient d’être publié aux Etats-Unis

[2]  18,7 milliards d’euros de fonds propres

[3]  Il est savoureux de rappeler qu’aux Etats-Unis,  le taux marginal d’imposition des revenus supérieurs à un million de dollars était supérieur à 90%, dans les années 1930. 

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