On se lamente chaque jour en France sur « l’été pourri » et « les vacances gâchées »….mais l’attention se porte moins sur la terrible catastrophe qui est en train de ravager toute une région de l’Afrique. En Somalie, au Kenya, en Ethiopie, en Ouganda,
à Djibouti, près de 12 millions de personnes sont dans une situation critique, menacées par les conséquences d’une sècheresse historique. Parmi ces populations déjà fragiles, fréquemment
confrontées à la guerre et à des déplacements massifs, la famine risque de faire des ravages si une aide d’urgence n’est pas rapidement dégagée.
Les besoins pour la seule Somalie sont estimés à 135 millions d'euros, ce qui n’est pas colossal au niveau mondial. Il est vrai que, dans une indifférence quasi générale, le montant du PAM (Plan Alimentaire Mondial) est passé de 6 milliards de dollars en 2008 à 3 milliards aujourd’hui !
Il ne suffit pas de faire des discours émouvants sur la liberté, les droits de l’Homme, si on ne donne pas à ces populations les moyens de survivre. Cela passe naturellement par l’aide d’urgence, mais aussi par une contribution aux investissements agricoles leur permettant d’être autosuffisantes.
L’argument du coût élevé de ces mesures ne tient pas. Dois-je rappeler qu’on a trouvé1700 milliards de dollars pour sauver les banques ? Qu’attend-on pour instaurer la TTF (Taxe sur les Transactions Financières), dont j’ai déjà expliqué qu’avec un taux de 0,05%, elle pourrait rapporter 200 milliards d'euros au niveau européen et 650 milliards au niveau mondial ?
Il faut donc arrêter de répéter que l’argent est rare, mais plutôt avouer qu’on n’ose pas aller le chercher en exigeant que tous les acteurs contribuent à la réponse aux drames de notre époque. Alors, de quoi s’agit-il ? D’indifférence peut-être, ou tout simplement de manque de volonté politique. Cela s’appelle aussi le manque de courage.