Les médias s'interrogent pour savoir si N. Sarkozy a convaincu les Français au cours de son interview télévisée de jeudi dernier.
J'ai pour ma part déjà donné mon point de vue dans ce blog.
Je voudrais cependant rajouter 2 commentaires:
-
Le premier m'est inspiré par le souvenir de l'engagement de mes parents, qui furent des
militants actifs au sein d'ATD Quart Monde. Cette association vient de publier un communiqué, qui s'indigne des oublis du Président concernant "4 millions de Français mis au ban". Le
voici:
Et en dessous du SMIC, M. le Président, comment fait-on ?
« Comment aider les classes moyennes et ceux qui s'inquiètent d'une baisse de leurs revenus ? », s'interroge le chef de l'Etat. Interrogation
légitime. Mais n'est-il pas plus légitime encore de se préoccuper de celles et ceux qui aujourd'hui, et plus encore demain, n'ont pas des revenus suffisants pour vivre ?
Comment vivre avec moins de 5 euros par jour et par personne charges déduites ?
Dans le discours tenu hier soir, aucune mention n'a été faite de tous ceux qui doivent se contenter des minima sociaux ou
allocations, condamnant ainsi toute une partie de la population à continuer à survivre grâce aux distributions alimentaires. Inscrivant ainsi implicitement dans sa politique les aides d'urgence
apportées par les associations.
4 millions de Français mis au ban
ATD Quart Monde déplore que les 4 millions de personnes qui vivent avec moins de 100 euros par mois ne soient pas pris en compte
dans l'élaboration de la politique sociale de notre pays. Le RSA, présenté parfois comme l'Eldorado, n'apportera en fait aucune amélioration pour tous ses bénéficiaires qui ne parviendront pas à
trouver un emploi.
La loi de 98 fixait le cap de l'accès de tous aux droits de tous et une méthode pour y parvenir : faire de la lutte contre
l'exclusion la priorité de l'ensemble des politiques publiques. Que devient ce cap aujourd'hui ? Nous refusons que l'on oppose une catégorie de pauvres à une autre. Il faut veiller à ce
qu'aujourd'hui tous nos concitoyens aient les moyens de vivre dignement.
- Le 2ème commentaire m'est suggéré par la réaction des
Britanniques aux propos hatifs
(et faux) de N. Sarkozy sur l'inutilité de la baisse de TVA. Vouloir imiter Luky Luke, qui "tirait plus vite que son ombre", n'est pas la meilleure façon d'aborder un dossier complexe,
qui exige un minimum de réflexion. Jugez-en plutôt en lisant cet article de l'Express:
Sarkozy n'a pas tout dit sur la TVA britannique
Par Thomas Bronnec
Lors de son intervention télévisée, jeudi soir, le chef de l'Etat avait affirmé que la baisse de la TVA n'avait produit aucun effet en Grande-Bretagne. Pas vraiment exact... Les ventes de
détail ont progressé de 1,8% en décembre. Le débat sur la nécessité d'une relance par la consommation n'est pas terminé.
Promis, juré, la France ne baissera pas la TVA. Nicolas Sarkozy l'a réaffirmé jeudi soir, lors de son intervention télévisée : une telle mesure est, pour le président de la République, totalement inefficace. Avec en forme de contre-exemple, la politique pratiquée Outre-Manche : "lorsque les Anglais ont décidé de baisser de 2 points la TVA, la consommation n'a pas monté, mais elle a baissé".
Imparable... Sauf que l'affirmation de Nicolas Sarkozy est fausse, au moins en partie. Dans un post au titre sans ambiguïté - "Sarkozy's stupidity" - l'économiste
Chris Dillow, qui n'est pourtant pas
un partisan de la relance par la consommation, brandit les statistiques
officielles. Elles montrent une augmentation des volumes de ventes de 1,8% en décembre, sur un an. La sincérité du président de la République pourrait être sauvée par d'autres
données, qui mesurent les ventes en valeur et mettent en lumière une baisse de 0,8%. Mais comme le souligne Dillow, c'est normal que les ventes en valeur baissent, puisque les prix
baissent...
Les Britanniques, en tout cas, ont été piqués au vif. Comme le souligne Eco89, la presse s'est enflammée contre Nicolas Sarkozy. Et pas seulement parce que le chef de l'Etat avait accompagné son analyse -
erronée - de commentaires peu diplomatiques - "On n'a pas envie de leur ressembler". Le Sun a ainsi évoqué un "acte de sabotage" et le Guardian a dénoncé une manoeuvre de diversion. Et L'Independant affirme
carrément que l'Elysée a tenté
d'aplanir la tension en téléphonant dès le lendemain au 10, Downing street.
Quoiqu'il en soit, beaucoup d'économistes soulignent que, même si la baisse de la TVA est censée être une mesure rapide, il est encore un peu tôt pour juger de la politique anti-crise de
Gordon Brown. La baisse de la TVA n'a été annoncée qu'en novembre, avec une mise en place au 1er décembre.
Seul en Europe à avoir joué cette carte là, le Premier ministre britannique avait déjà été critiqué aussi bien par l'opposition conservatrice que par l'Allemagne et les Pays-Bas. Cela promet de
vifs débats lors du sommet du G20, qui se tiendra en avril à Londres. D'autant qu'à cette date, les statistiques auront parlé. Si d'aventure la baisse de la TVA initiée par Gordon Brown
avait fait sentir ses effets, le serpent de mer d'une relance coordonnée pourrait bien ressurgir. Sinon, Nicolas Sarkozy aura beau jeu de faire à nouveau la leçon au chef du gouvernement
britannique.