J'étais hier au Conseil National du PS où étaient présentées les "contributions" préalables au Congrès de
Reims. Douloureux exercice que d'infliger à une assistance assoupie une succession de 21 discours censés donner la quintessence de la pensée des socialistes!
Il y a quelques jours, on nous disait que les socialistes n'avaient pas d'idées. Puis on nous a expliqué, sans craindre la contradiction, qu'ils en avaient bien quelques unes, mais qu'ils
tenaient à peu près tous le même discours...
En réalité, ces deux jugements sont injustes: il y a des idées et même des différences, pour qui a la patience (comme moi....et il en faut!) de lire les textes. Mais elles se
perdent trop souvent dans des circonvolutions et dans cette langue de bois si utile pour permettre dans quelques mois les interprétations nécessaires à la constitution
des coalitions de pouvoir.
Pour ma part, j'ai préféré, avec d'autres socialistes, dire les choses plus clairement et ne pas mélanger les questions de fond et celles qui concernent les personnes....encore
qu'il paraîtrait que nul au PS n'aurait d'ambition personnelle (humour!) et qu'il faut débattre au fond. Eh bien, c'est justement cela que nous proposons dans notre contribution,
dont le titre est évocateur: "Changer!". Vous trouverez ci-dessous le début de ce texte, dont l'intégralité figure sur le site www.changerlavie.eu :
"Changer la vie, changer le monde : nous n’avons pas renoncé aux objectifs fondamentaux. Parce que la responsabilité historique majeure du Parti Socialiste est d'ouvrir à nouveau les voies de l'espérance, il est temps de faire des choix essentiels pour notre avenir, qui imposent que nous sachions changer dans nos analyses, dans nos objectifs, dans nos discours, dans nos propositions….
Le Congrès de Reims n'est pas joué. Nous pensons en effet que les militants peuvent imposer un sursaut, afin que ce congrès, que nous voulons placer sous le signe de la modernité, de la fidélité et du rassemblement ne s'enlise pas dans un scénario écrit d'avance pour eux et sans eux.
Les choix de personnes ne sont pas sans importance. Mais nous considérons qu’ils sont seconds et qu’ils doivent intervenir après les arbitrages politiques essentiels. Pour nous, le PS doit être un mouvement collectif capable de construire des synthèses entre des approches politiques différentes, et non des compromis boiteux. L'esquive de nos différences, le recours à l’homme- ou la femme- providentiel ont anesthésié notre parti depuis plusieurs années.
Il est temps d'ouvrir une ère nouvelle pour le PS. Il est temps de s’engager sur la voie ambitieuse de l’unité de la gauche. Notre perspective est de construire une nouvelle organisation qui fédère tous les partis de la gauche mais aussi des clubs, associations, mouvements et les milliers de militants syndicaux, associatifs ou citoyens qui veulent apporter leur contribution à l’affirmation d’une gauche décomplexée, capable de porter leur espoir et d’agir. Nous souhaitons que le PS, principal parti de gauche, décide au congrès de Reims de ce cap stratégique et d’un calendrier définissant les initiatives permettant de parvenir à l’unité de la gauche.
Les socialistes doivent être à la hauteur de l’enjeu. Face à la vague libérale, néo conservatrice et anti-républicaine, la gauche doit réaffirmer ses valeurs. D’autant que le vent tourne. Le système est en crise, le cycle du libéralisme économique globalisé et triomphant s’achève. Dans ces temps incertains, la gauche et le camp progressiste mondial ont de réelles opportunités pour orienter l’avenir. Encore faut-il le vouloir et agir."