09/11/2007-18h48 - Propos recueillis par Cyriel Martin - Rubrique coordonnée par Valérie Peiffer - © Le Point.fr
Le Point.fr : Il y a quelques jours, vous avez adressé une lettre à Nicolas Sarkozy pour défendre le "train de Jaurès" qui relie votre ville, Cordes-sur-ciel, à Paris. Est-ce un sujet de dimension nationale ?
Paul Quilès : C'est une affaire qui dure depuis quinze ans. Après l'arrivée du TGV, la SNCF a décidé de fermer toutes ses lignes non rentables. La ligne Carmaux - Paris est l'une d'entre elles. Louis Gallois, lorsqu'il était patron de la SNCF, s'était pourtant engagé à évaluer la rentabilité de la ligne. Mais nous n'avons reçu aucun chiffre ! Cette suppression est donc arbitraire, et clairement, le principe d'égalité du service public est menacé !
Pourquoi plaider cette cause directement auprès du président de la République ?
J'ai choisi d'écrire à Nicolas Sarkozy car quelques jours après les conclusions du Grenelle de l'environnement, je trouve assez contradictoire d'annoncer la fermeture de lignes de train, pour les remplacer par des bus. C'est aussi contraire à la Charte des services publics signée par Nicolas Sarkozy lui-même, alors ministre de l'Intérieur, et qui exigeait des discussions avec les usagers avant toute décision.
Comment jugez-vous les six premiers mois de la présidence de Nicolas Sarkozy ?
Hypermédiatiques. Nicolas Sarkozy incarne une dérive de la 5e République. Etre élu à la majorité, ce n'est pas disposer d'un chèque en blanc ! Le Premier ministre n'est pas un simple collaborateur ! Je sais que les Français sont restés monarchiques, mais aujourd'hui les domaines réservés du Président envahissent toute la sphère publique. Il est l'alpha et l'oméga de la parole politique ! C'est grave...
Que pensez-vous du climat social actuel ?
C'est fréquent que les mois d'octobre-novembre soient chauds. Mais clairement, il existe un risque que ces crises ponctuelles s'additionnent... Et comme Nicolas Sarkozy est en première ligne sur tous les sujets, il fragilise la stabilité du pays.