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Le blog de Paul Quilès

Réflexions et informations sur la paix et le désarmement nucléaire, sur la démocratie et sur l'actualité politique.

Les bons conseils d'un vétéran

Publié le 7 Juin 2007 par Paul Quilès in Médias

Depuis trente ans, Paul Quilès arpente l'Assemblée nationale. Ce lieu qu'il va quitter en juin, il aimerait tant lui redonner ses lettres de noblesse.

On remballe tout! A quelques jours des législatives, l'étroit bureau de Paul Quilès, 65 ans, est passablement encombré de cartons. L'homme ne se représente pas dans la circonscription du Tarn qui fut celle de Jaurès. Dans la vie politique, Quilès, c'est presque un monument ! Député socialiste depuis 1978, directeur de campagne de Mitterrand en 1981, sept fois ministre (logement, transport, défense, intérieur, postes et télécommunications...) entre 1983 et 1993, ancien président de la Commission de la Défense de l'Assemblée... le pedigree a de quoi impressionner les jeunots qui prendront mi-juin le chemin du Palais-Bourbon. Le Parlement, il y met les pieds depuis près de trente ans, que ce soit dans les travées des députés de la majorité comme de l'opposition ou bien tout en bas dans l'espace réservé au gouvernement. « Ce n'est pas très confortable, estime-t-il, car les députés vocifèrent dans votre dos".

A l'heure des bilans, le parlementaire trie le bon grain de l'ivraie. « Ici, c'est un vrai espace de liberté où l'on peut, si on le veut, exercer un travail intéressant. » Sur la commission d'enquête sur le Rwanda qu'il a présidé au début des années 2000, il raconte cette anecdote : « J'avais été convoqué à Matignon pour m'en dissuader. Je me suis mis en colère en disant qu'en tant que président de la Commission de la défense, j'étais libre de mes initiatives. » Quilès qui avait repris au congrès du PS de Valence une formule de la Révolution française (« Que des têtes tombent! ») aime à citer un autre insurgé, Jean-Sylvain Bailly: « Je crois que la Nation assemblée ne peut recevoir d'ordre. » 

Au chapitre des joies, il se souvient de la bonne manière de Mitterrand qui avait sollicité un grand débat au Parlement avant d'engager les troupes françaises dans la première guerre du Golfe. Se rappelle également du grand chantier qu'il entreprit en tant que ministre à la fin des années 80 pour transformer l'antique administration des postes et télécommunications en établissements publics. Note d'ailleurs que sa méthode faite de concertations et d'écoute fut qualifiée de rocardienne. Dix ans plus tôt, lors du congrès PS de Metz, Quilès avait organisé la riposte de Mitterrand contre l'alliance Rocard-Mauroy...

Le député du Tarn est intarissable sur les graves carences des assemblées. « Sur ses trois grandes fonctions – légiférer, contrôler et débattre -, le Parlement n'est pas à la hauteur. Tout le monde, du Président à de nombreux députés qui préfèrent être des assistantes sociales, est complice. » Les questions orales au gouvernement ressemblent davantage à un « cirque ». « Il faudrait, comme cela se pratique en Grande-Bretagne, que l'élu puisse répondre au ministre. » Il aimerait également que chaque parlementaire ait une petite équipe autour de lui pour contrôler l'exécutif et élaborer la loi. Autre souhait : faire le point sur l'application des textes un an après leur vote pour débusquer les stratégies de blocage de certaines administrations qui « oublient » de sortir les décrets d'application. Pour lui, réputé proche de Fabius, pas besoin d'une VIe République (« une nouvelle république est issue d'une guerre ou d'une révolution ») mais d'une Ve bis qui fasse respecter l'équilibre des pouvoirs. Vaste chantier qu'il laisse, sans beaucoup d'illusions, à ses successeurs.

« C'est peut-être la première fois que je me sens aussi libre », reconnaît-il. Il va retrouver à temps plein sa commune tarnaise de Cordes-sur-Ciel dont il est maire. Il compte s'exprimer sans langue de bois lui qui raille le manque de débat et de transparence du PS. Il exhume la lettre envoyée en février à François Hollande – et restée sans réponse – dans laquelle il l'alerte sur « certains aspects très préoccupants de la personnalité du candidat » investi par les militants dans sa circonscription. Celui-ci a déjà eu maille à partie avec la justice et la commission nationale des conflits du PS. De façon plus générale, il voudrait créer un lieu de réflexion indépendant du PS et de ses guerres pichrocolines. « C'est quoi aujourd'hui les valeurs de gauche? », interroge-t-il. Loin du Palais Bourbon, une nouvelle vie est possible. Même à 65 ans
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